Lorsque les températures chutent fortement au Québec, il n’est pas rare que certains propriétaires constatent une baisse de performance de leur thermopompe. La maison semble moins confortable, la température intérieure peine à atteindre la consigne, et le système fonctionne plus longtemps que d’habitude. Cette situation suscite souvent des inquiétudes et mène parfois à la conclusion hâtive que la thermopompe est défectueuse.
Pourtant, dans la majorité des cas, une thermopompe qui chauffe moins lors de grands froids ne présente pas un problème majeur. Ce comportement s’explique par des limites physiques, des choix d’installation ou des paramètres d’utilisation. Comprendre pourquoi une thermopompe chauffe moins quand il fait très froid permet d’ajuster ses attentes, d’optimiser son fonctionnement et d’identifier les situations où une intervention est réellement nécessaire.
Le fonctionnement d’une thermopompe par temps très froid
Une thermopompe ne produit pas de chaleur, elle la transfère. En mode chauffage, elle capte l’énergie thermique présente dans l’air extérieur pour la déplacer vers l’intérieur du bâtiment. Même à des températures négatives, l’air contient encore de la chaleur exploitable.
Cependant, plus la température extérieure diminue, plus la quantité d’énergie disponible est faible. La thermopompe doit alors fournir davantage d’efforts pour extraire cette chaleur, ce qui réduit progressivement son rendement. Ce phénomène est normal et prévisible, surtout lors des vagues de froid intense.
Ainsi, une baisse de performance en période de grand froid ne signifie pas nécessairement que l’appareil fonctionne mal.
Les limites naturelles des thermopompes en climat québécois
Même les thermopompes conçues pour les climats froids ont des limites. Leur efficacité diminue graduellement à mesure que la température extérieure baisse, jusqu’à atteindre un seuil où le chauffage d’appoint devient nécessaire.
Ce seuil varie selon le modèle, la technologie utilisée et la qualité de l’installation. Certaines thermopompes demeurent efficaces à des températures très basses, tandis que d’autres voient leur rendement chuter plus rapidement.
Il est important de comprendre que cette limite fait partie du fonctionnement normal de l’appareil et qu’elle a été prise en compte lors de la conception du système global de chauffage.
Pourquoi le froid extrême affecte le rendement
Lorsque l’air extérieur est extrêmement froid, la thermopompe doit compresser davantage le fluide frigorigène pour extraire suffisamment de chaleur. Cette compression supplémentaire exige plus d’énergie et réduit le coefficient de performance du système.
De plus, le givre se forme plus rapidement sur l’unité extérieure en conditions de froid intense. Cela entraîne des cycles de dégivrage plus fréquents, durant lesquels la thermopompe interrompt temporairement le chauffage intérieur pour dégeler l’échangeur extérieur.
Ces deux facteurs combinés expliquent pourquoi la thermopompe peut sembler moins efficace lors des journées les plus froides de l’hiver.
Le rôle essentiel du chauffage d’appoint
Dans la majorité des installations au Québec, la thermopompe est accompagnée d’un système de chauffage d’appoint, souvent électrique. Ce chauffage est conçu pour prendre le relais lorsque la thermopompe atteint ses limites.
Si la thermopompe ne chauffe pas suffisamment par grand froid, il est normal que le chauffage d’appoint entre en fonction pour maintenir la température intérieure. Ce fonctionnement hybride assure le confort tout en optimisant la consommation énergétique sur l’ensemble de la saison.
Une inquiétude fréquente consiste à croire que l’activation de l’appoint signifie un échec de la thermopompe, alors qu’il s’agit d’un comportement prévu.
L’influence du dimensionnement du système
Un dimensionnement inadéquat est l’une des causes les plus fréquentes d’un chauffage insuffisant en période de froid extrême. Une thermopompe sous-dimensionnée devra fonctionner en continu sans jamais atteindre la température désirée lorsque les besoins de chauffage augmentent.
Le dimensionnement doit tenir compte de plusieurs facteurs, notamment la superficie de la maison, son niveau d’isolation, son orientation, l’exposition au vent et les pertes thermiques globales. Une erreur à ce niveau se manifeste principalement lors des périodes les plus froides de l’année.
Un système correctement dimensionné offrira une meilleure stabilité de température, même lorsque le mercure chute considérablement.
L’impact de l’isolation et de l’enveloppe du bâtiment
La performance perçue d’une thermopompe dépend aussi fortement de l’état du bâtiment. Une maison mal isolée ou présentant des infiltrations d’air importantes perd rapidement la chaleur produite.
Dans ce contexte, même une thermopompe performante aura de la difficulté à maintenir une température confortable. Le problème ne provient alors pas du système de chauffage, mais des pertes thermiques excessives.
Améliorer l’isolation, sceller les fuites d’air et optimiser l’enveloppe du bâtiment contribuent directement à l’efficacité du chauffage, surtout en période de grand froid.
L’entretien hivernal et son influence sur la performance
Un manque d’entretien peut accentuer les difficultés de chauffage en hiver. Des filtres intérieurs encrassés réduisent le débit d’air, ce qui limite la capacité de la thermopompe à diffuser la chaleur efficacement.
À l’extérieur, une accumulation de neige ou de glace autour de l’unité peut nuire à la circulation de l’air et augmenter la fréquence des cycles de dégivrage. Ces conditions réduisent la performance globale du système.
Un entretien régulier, même minimal, aide à maintenir un rendement optimal durant toute la saison froide.
Les réglages et habitudes d’utilisation
Les réglages de la thermopompe influencent également la perception de sa performance. Une consigne trop élevée en période de grand froid peut dépasser la capacité instantanée du système, donnant l’impression qu’il ne chauffe pas suffisamment.
Modifier fréquemment la température ou utiliser un mode inadapté peut aussi nuire à l’efficacité. En hiver, une température stable et un mode chauffage clairement sélectionné favorisent un fonctionnement plus cohérent.
De bonnes habitudes d’utilisation permettent souvent d’améliorer le confort sans modifier l’équipement.
Quand une baisse de chauffage indique un problème réel
Dans certains cas, une thermopompe qui ne chauffe pas suffisamment peut révéler un problème technique. Des signes comme une absence complète de chaleur, des bruits inhabituels, des cycles très courts ou des messages d’erreur persistants doivent attirer l’attention.
Des problèmes tels qu’une fuite de réfrigérant, un compresseur défectueux ou un capteur défaillant peuvent réduire significativement la capacité de chauffage. Ces situations nécessitent une évaluation professionnelle afin d’éviter une détérioration supplémentaire du système.
Il est important de distinguer les limites normales du fonctionnement hivernal d’un véritable dysfonctionnement.
L’importance d’une évaluation globale du système
Analyser la performance d’une thermopompe en hiver ne doit pas se limiter à l’appareil lui-même. L’ensemble du système de chauffage, incluant l’appoint, la distribution de l’air et l’état du bâtiment, doit être pris en compte.
Une approche globale permet d’identifier les véritables causes d’un confort insuffisant et d’apporter des solutions adaptées, qu’elles soient techniques ou liées à l’utilisation.
Cette vision d’ensemble évite des interventions inutiles et des conclusions erronées.
Air Péloquin : comprendre et améliorer la performance en grand froid
Grâce à son expertise en installation, entretien et réparation de systèmes de chauffage, Air Péloquin aide les propriétaires à comprendre pourquoi leur thermopompe chauffe moins lors des périodes de grand froid et à déterminer si le comportement observé est normal ou problématique. En évaluant le dimensionnement, l’état du système et les conditions d’utilisation, Air Péloquin accompagne les clients dans l’optimisation de leur confort hivernal et dans l’amélioration globale de la performance de leur thermopompe.
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Tableau récapitulatif des causes possibles et de leurs effets
| Cause principale | Effet observé | Nature du phénomène |
| Froid extrême | Baisse de rendement | Normal |
| Cycles de dégivrage | Chauffage intermittent | Normal |
| Sous-dimensionnement | Température insuffisante | Structurel |
| Mauvaise isolation | Pertes de chaleur | Bâtiment |
| Problème technique | Chauffage très faible | Anormal |
Ce tableau aide à distinguer les situations normales des cas nécessitant une intervention.
Conclusion
Il est normal qu’une thermopompe chauffe moins efficacement lorsque les températures extérieures deviennent extrêmement froides. Ce comportement découle des limites physiques du transfert de chaleur et du fonctionnement prévu du système. Toutefois, une performance insuffisante peut aussi être liée à un dimensionnement inadéquat, à un entretien négligé ou à des pertes thermiques importantes du bâtiment. Comprendre ces facteurs permet de mieux évaluer la situation, d’adopter les bons réglages et de maintenir un confort acceptable tout au long de l’hiver. Une analyse éclairée et, au besoin, un accompagnement professionnel permettent de tirer le meilleur parti de la thermopompe, même lors des périodes les plus rigoureuses.